K- Anecdotes 1ère série
Les Anecdotes
Las Candolièiras :
Sources: Livre Al Caton de Rignac page 72.
« Le curé est seul décimateur... II y a un temporel qui consiste en trois petits jardins, un châtaignail et six septerées de terre labourable. Tout le revenu peut aller à cinq cents livres ou environ. Le curé ne lève point de prémices. Il y a une petite maison presbytérale avec deux jardins...»
« Cette chapelle (la chapelle de Sainte-Catherine de 1' église d'Escandolières) est dotée de neuf septiers de seigle de rente lavables partie dans le village de Tremouls de cette paroisse et partie dans celle dAuzits, d'une vigne qui rapporterait six pipes de vin, si elle était travaillée, et d'un petit pré ; le tout pouvant valoir environ cent livres. Les autres biens se sont perdus... Le sieur Garrigou. Prêtre de ce diocèse, en est pourvu. Le patronnage en appartient au sieur curé d'Escandolières et à Madame l'abbesse du Buis d'Aurilhac. Le fondateur veut que si le chapellain vient à avoir quelqu'autre bénéfice, la chapelle soit conférée à un autre propinquiori de genere.» (1739)
(Une pipe de vin vaut 450litres)
L'épidémie de peste au XVIII siècle :
De: Claire BOUYSSOU de La Cau d'Escandolières.
Lors de la grande épidémie de peste, au XVIII siècle, il parait que l'on confinait les malades dans un champ du côté de : « l'échut ». On leur apportait à manger dans des gamelles. Le lendemain, on reprenait des vides et on ramenait des pleines.
L'abbé Antoine COURRECHE :
Sources : Archives paroissiales.
L'abbé Antoine COURRECHE ancien curé de St Michel décédé à Rignac et, oncle de Mr FOULQUIER juge de paix, avait promis de donner la somme de 40 000F à la paroisse où il serait enterré. Mr FOULQUIER le fit transférer à La Capelle del Vern. Sa dépouille repose dans le choeur, face à la chaire, en bordure du mur, tête vers la sainte table et pieds vers la porte de la sacristie. 10 ans plus tard, son neveu Antoine Foulquier fut enterré dans la même tombe. En 1839 ne demeurait que le choeur de l'église actuelle. Avec cette somme de 40 000F, fut agrandie l'église.
En 1936, (le choeur de l'église pavé de grosses dalles de pierres, avait été recouvert d'un plancher qui périssait). Les paroissiens décidèrent de le cimenter et recouvrirent la pierre tombale de l'abbé COURRECHE et de Mr FOULQUIER.
18 mai 1874 :
Sources : Archives paroissiales.
Le 18 mai 1874, Cransac, Firmy, Glassac, Rulhe, Auzits et La Capelle del Vern se joignirent à Escandolières pour le traditionnel pèlerinage de Haute-Serre afin de demander la pluie. Prés de 5000 personnes se regroupèrent autour du Sanctuaire. Dix huit prêtres célébrèrent la messe Les prières furent exaucées et chacun s'en retourna à pied sous la pluie. Cette manifestation augmenta la popularité de N-D de Haute - Serre.
L'inventaire du 11 décembre 1905 et du 27 novembre 1906:
Sources : Archives paroissiales.
La loi de séparation de l'Église et de l'État, prononcée, l'inventaire de tous les biens paroissiaux doit être fait. Mesure qui apparaît vexatoire pour la population et qui engendra des mouvements de résistance.
"Les hommes massés en rang serrés sur la place publique, défendent à l'agent de toucher la porte de leur l'Église. Le trésorier du Conseil de Fabrique : Bernard Plainecassagne s'adresse à l'agent:
« Regardez bien ces murs...Quand nous avons voulu restaurer notre l'Église, nous avons de fait demandé un recours au Gouvernement. S'il -y -a quelques pierres qui peuvent lui appartenir, vous pouvez donc les inventorier... Mais à l'intérieur, nous avons tout acheté de nos deniers et il n'y a pas une épingle qui vous appartienne...Et soyez persuadé que vous n'entrerez pas. Après avoir insisté, l'agent, s'en retourne bredouille.
Mardi 27 novembre 1906 à 10h du matin, une compagnie du 81ème commandé par un Capitaine, 2 sapeurs du génie armés de leur hache , une brigade de gendarmerie , suivant de près, escortant une belle voiture à deux chevaux, arrivait clairon sonnant sur la place d'Escandolières . L'écharpe d'un commissaire de police, la serviette d'un receveur de Marcillac et la hache des sapeurs vient ajouter à ce déploiement de force tout le caché du luxe officiel.
L'Église est cernée et l'ordre formel est donné de ne laisser entrer personne.
"Les portes non ouvertes seront brisées." Dit l'agent.
L'inventaire va être fait de force. Sur le refus formel de Monsieur le Curé qui ne veut pas livrer les clefs, la porte de la sacristie est brisée à coups de haches.
En moins de cinq minutes, tout est catalogué et inventorié par Mr le receveur
Après avoir reçu des ordres pour le lendemain, la brigade volante repart pour ST Christophe. Les soldats font la grand'halte . Receveur et Commissaire vont restaurer leur force et s'en vont ensuite vers une heure de l'après-midi dans la direction de Bournazel."
(Les traces de cet inventaire forcé sont encore visibles sur la porte actuelle de la sacristie.)
Monsieur le Sénateur Jean DELSOL :
Mr DELSOL Jean, sénateur de l'Aveyron a suivi l'école primaire assurée par Mr Candide AUSSIBAL instituteur à Escandolières.
Jean DELSOL : Ancien sénateur de l'Aveyron sous la III République (1870- 1940). Avocat. Né le 27 octobre 1827. Décédé le 29 janvier 1896. Élu le 30 janvier 1876. Réélu le 25 janvier 1885. Fin de mandat le 6 janvier 1894 (Non réélu).
Sources: www.senat.fr
DELSOL (Jean, Joseph), représentant en 1871 et membre du Sénat, né à Saint-Christophe (Aveyron), le 27 octobre 1827, fils de cultivateurs aisés, fit ses études à Rodez, puis Lauréat de droit de Paris, il fut reçu docteur, se fit inscrire au barreau de Paris, et acquit assez de réputation pour être, sous l'Empire, <<avocat institué >> au ministère de l'instruction publique. Conseiller général du canton de Conques (juin 1864), membre de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron (1864), M. Delsol se présenta comme candidat républicain, aux élections du 8 février 1871 :« Depuis quatre vingt ans, disait-il dans sa profession de foi, la France est en proie â des agitations stériles et à des révolutions. 11 est temps enfin qu'elle ait un gouvernement stable et régulier la République sera ce gouvernement. » Élu, sur ce programme, représentant de l'Aveyron à l'Assemblée nationale, le 5ème sur 8, par 57,380 voix sur 65,273 votants et 118,224 inscrits. Il fit d'abord partie du groupe Feray (républicains conservateurs), puis il se fit inscrire au centre droit, et passa ensuite dans le camp monarchique (il fut un des 94 signataires contre l'exil des Bourbons). Il fut membre des commissions pour l'abrogation des lois d'exil, sur les loyers de Paris, et sur la fabrication des armes de guerre. Son amendement sur les candidatures multiples, lors de la discussion de la loi électorale, fut repoussé, il vota pour la paix, pour les prières publiques, pour l'abrogation des lois d'exil, pour le pouvoir constituant de l'Assemblée , pour l'acceptation de la démission de Thiers , pour la circulaire Pascal, pour l'arrêté contre les enterrements civils, pour le septennat , pour le maintien de l'Etat de siège, pour le ministère de Broglie, contre le retour du parlement à Paris, contre la dissolution, contre l'amendement Wallon, contre l'amendement Pascal Duprat, contre les lois constitutionnelles. Élu sénateur de l'Aveyron, le 30 janvier 1876, le 3eme et dernier, par 210 voix sur 386 votants, il prit place à droite, vota, pour la dissolution de la Chambre demandée par le cabinet de Broglie - Fourtou (1877), et contre les cabinets républicains qui suivirent, et parla (mai 1883) contre l'élargissement de la base électorale des tribunaux de commerce. Au renouvellement du 6 janvier 1885, les électeurs sénatoriaux de l'Aveyron lui conservèrent son mandat, le 1er sur trois, par 510 voix sur 842 votants le plus favorisé de la liste républicaine, M. Clausel de Coussergues n'obtint que 380 voix. Il reprit sa place à droite et parla (février 1886) contre l'article: 12 de la loi sur l'enseignement primaire portant que : « l'enseignement est exclusivement confié à un personnel laïque ». En dernier lieu, il a voté contre le rétablissement du scrutin d'arrondissement (13 février 1889), contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse, contre la procédure à suivre par le Sénat pour juger les attentats commis contre la sûreté de l'Etat (affaire du général Boulanger). On a de lui : Étude sur la Roche-Flavin, savant jurisconsulte toulousain du XVI siècle; Le Code Napoléon expliqué (1854-1855).
Sources: Dictionnaire des Parlementaires français, Tome 4, page 327 & 328
Presses universitaires de France
9 janvier 1910...
Sources : Archives paroissiales.
Lorsque parut : " La lettre collective de l'Épiscopat ", condamnant plusieurs manuels d'histoire de France et des cours de morale , Monsieur le Curé se rendit auprès de l'instituteur , avec la lettre complète des ouvrages condamnés. Ne pouvant obtenir une entente avec le maître d'école, l'unique moyen de sauver l'âme des enfants fut de jeter un cri d'alarme pour avertir les parents et les faire agir à leur tour. La plus part des parents n'hésitèrent pas à sacrifier le livre et le brûlèrent immédiatement. Il s'aigrissait du manuel de Cabret.
L'Inspecteur d'académie, lança une circulaire demandant de jeter à la porte de l'école les enfants qui refusaient les livres condamnés. Du coup, dix enfants furent exclus. 42 pères de famille ayant des enfants en classe demandèrent à l'instituteur d'observer la neutralité scolaire inscrite dans la loi. Il fut ainsi demandé de :
· Ne pas mettre entre les mains des enfants les livres condamnés.
· Ne donner dans l'enseignement oral, aucune explication qui puisse porter atteinte aux convictions religieuses.
L'instituteur, promit de ne plus faire de zèle avec le manuel d'Histoire de Calvet, mais refusa de reprendre en classe les 10 enfants exclus qui continuèrent à recevoir au presbytère des répétitions particulières.
Confirmation du 23 mai 1914 :
Sources : Archives paroissiales.
Depuis 25 ans, la Paroisse d'Escandolières, n'avait pas eu l'honneur de recevoir le Premier Pasteur du diocèse. C'est en 1889 que Monsieur l'Abbé BOYER a reçu très solennellement sa Grandeur : Monseigneur BOURRET pour la confirmation. Pourquoi le choix s'était-il porté sur Escandolières? Il serait bien difficile de l'établir ! Le presbytère avec son orientation, ses appartements restreints et la noble vétusté qui le caractérise, semblait assez incommode pour hospitaliser Monseigneur et son entourage Malgré ses difficultés, Sa Grandeur a été pleinement satisfaite de la réception qui lui a été ménagée dans la Paroisse, comme l'atteste le Procès-verbal inséré aux archives.
Vendredi soir 22 mai à 5 heures précises, la population au complet avec Conseil Municipal et Paroissial attendait silencieuse et recueillie la venue du Premier Pasteur, qui le matin même imposait le Saint Chrême aux enfants de Rignac et des environs. . Lorsque la voiture épiscopale est entrevue au bout de la Côte par le carillonneur en sentinelle, les trois cloches s'ébranlent à toute volée. A peine Monseigneur a-t-il mis pied à terre, qu'un immense cri part instantanément de toutes les poitrines:" Vive Monseigneur !". Les douze Conseillers municipaux de la Commune avec Monsieur Cantaloube maire en tête, offrent à la grandeur leurs hommages et leurs souhaits de bienvenue. Et la procession se met en marche au chant du Véni Créator, dont les couplets s'alternent avec un Cantique de circonstance, chanté par les enfants de la paroisse.
La décoration sur tout le parcours, c'est à dire depuis l'église jusqu'à la Grande Croix de la Route est réellement belle et touchante dans la simplicité. Sur la façade du clocher, arceau de mousse agrémenté de roses blanches et rouges. Armoiries de Monseigneur, couronnes, faisceau de drapeaux. Grande inscription : " Reconnaissance à Monseigneur." Sous les ouïes, Grande bannières portant l'inscription: "Bénédictus qui Venit in nominé Domini ." La place qui avoisine l'Église, est recouverte en tous sens par des cordes de houx, qui ont exigé un travail minutieux et long mais produisant en revanche le plus bel effet. Malgré la pénurie de buis dans notre région, des personnes dévouées s'étaient empressées pour le recueillir aux extrémités de la Paroisse de Bournazel et 160 mètres tressés avec soin et patience , ornaient maintenant la moitié du parcours avec double rangée. Plus loin, les arbres verts avaient été multipliés à plaisir avec une variété charmante : lauriers, genévriers, houx, buissons blancs, buissons ardents... En face la Grande Croix, arc de triomphe , majestueux et superbe avec des festons de mousse , surmontés au milieu d'une grande croix, avec un : " Bénédictus qui vénit in nominé Domini " d'une longueur de 3 mètres , le tout encadré de multiples drapeaux.
La tente elle -même de Monseigneur délicatement enguirlandée avec du lierre entrelacé tout autour des liteaux qui composent la charpente , arrête le coup d'oeil et surprend agréablement.
Lorsque sa grandeur arrive sur la porte de l'église après l'aspersion et les encensements d'usage, un Conseiller Paroissial, Monsieur Augustin MAYANOBE de Huitbrandes, donne lecture d'un compliment qu'il a composé lui-même et de façon très heureuse. Nous nous faisons un devoir de confier le document au Livre de Paroisse, sans lui imposer la moindre retouche.
Monseigneur,
" Je viens au nom du Conseil Paroissial et toute la paroisse d'Escandolières, saluer votre Grandeur, et lui souhaiter la bienvenue au milieu de nous. C'est un honneur, que j'ai d'abord hésité à accepter ne me sentant pas qualifié pour cela, mais puisque tel a été le désir de plusieurs, je me permets, Monseigneur non de vous faire un discours (Je n'ai pas cette prétention et vous n'en attendez pas d'un modeste paysan comme moi.) mais de bien vous dire sincèrement et bien simplement : Merci Monseigneur de l'honneur que vous nous faites à notre petite paroisse de venir la visiter. Merci de la préférence que vous lui donnez sur d'autres plus importantes presque en droit d'être jalouses. Assurément, votre présence dans ce village à demi perdu dans les bois, vous montre combien vous affectionnez les humbles et les petits. Nous vous prouverons notre reconnaissance, Monseigneur, par un attachement plus grand encore à l'église, à son enseignement, à la foi. A cette foi si vive et si active de nos ancêtres. Pour nous y aider, vous nous garderez toujours un pasteur dévoué, pour nous conduire dans le vrai chemin. A ce point de vue, Monseigneur, la Paroisse d'Escandolières a été vraiment privilégiée. Mr l'abbé BOYER passa plus de 30 ans au milieu de nous pour exercer le saint ministère. Il fit construire en grande partie cette église qui rappellera longtemps son souvenir. Mr l'abbé VIALA succéda à Mr BOYER. C'était un homme excessivement bon, plein d'initiatives et d'ardeur pour tout ce qui touche à la gloire de Dieu. Aussi avait-il acquis les sympathies de tous et lorsque votre Grandeur le jugea digne d'occuper un poste plus important, ici, tout le monde le pleura. Mais Monseigneur, vous ne nous avez pas laissé orphelins. Vous nous avez envoyé un digne successeur en la personne de notre Curé actuel : Mr l'abbé LAURENS, (qu'il me pardonne si je blesse un peu sa modestie) est un de ces hommes qui ne cherche pas à voir ni à être vu, qui veut avant tout faire son devoir de pasteur des âmes et qui ne voudrait à aucun prix faire de la peine à personne. Nous le trouvons parfois, ce bon pasteur dans nos chemins boueux, allant visiter les malades, l'air souriant interrompant son chapelet pour nous dire une parole aimable. Sa vue seule, élève nos âmes vers Dieu. Aussi, Monseigneur, je crois faire l'écho de la paroisse entière , en vous priant de le laisser longtemps au milieu de nous , comme autrefois son homonyme le vénéré Mr LAURENS qui a baptisé les vieux comme moi et dont les cendres reposent à l'ombre de la Grande Croix du cimetière. Il est mort après avoir édifié pendant plus de 40 ans ses paroissiens par une vie toute de dévouement et de sainteté. Et maintenant Monsieur permettez moi de solliciter de Votre Grandeur, le bienfait de votre paternelle bénédiction sur toute cette paroisse afin qu'après avoir fait descendre sur nos enfants le Saint Esprit avec ses dons et en avoir fait des soldats de Jésus Christ, nous puissions résister au souffle de l'impiété qui pourraient éteindre dans nos coeurs la flamme de l'amour divin.
Du haut de la chaire, Monseigneur a chaudement remercié et félicité ce digne paroissien qui reste malgré tous les changements, l'ami de l'auxiliaire du prêtre de temps immémorial.
Après avoir entendu avec une visible satisfaction l'allocution du curé, et le compte rendu sur les oeuvres paroissiales, sa Grandeur adresse des remerciements à la population qui lui fait un accueil si touchant ".
"C'est une fête de famille charmante " s'écrie Monseigneur par sa spontanéité, son unanimité et sa simplicité. " On voit ici tous les coeurs battre à l'unisson".
Le lendemain, samedi, cérémonie solennelle de la Confirmation, pour 130 enfants d'Escandolières ou des paroisses voisines : Bournazel, Goutrens et La Capelle del Vern .
Pendant l'examen qui précède la Confirmation, Monseigneur, constate encore avec plaisir que l'enseignement catéchistique n'a pas été négligé. Il est même étonné lorsqu'un garçon d'Escandolières lui donne avec une remarquable précision de dates des détails sur les divers conciles de Nicée, de Trente et du Vatican. Du haut de la chaire, Monseigneur proclame le jeune confirmant : Lauréat de l'examen et lui adresse ses félicitations son nom : Jules CARLES de Lestrade. .
Dans la rédaction du procès verbal, l'évêque de Rodez exprime une dernière fois par écrit, tout le contentement qu'il éprouve dans sa visite pastorale. Il se retire, emportant le meilleur souvenir de la population d'Escandolières tandis que la paroisse grave dans la mémoire le tableau de ces inoubliables fêtes.
Poème:
Récité lors de l'arrivée du Curé VIALA et LAURENS:
"Soyez le bienheureux, Soyez le bon pasteur.
En venant parmi nous, donnez nous votre coeurs
Vous nous distribuerez vos paroles de miel.
Et ferez entrevoir, les délices du ciel.
Quand pour chacun de nous, sonnera le trépas,
Oh alors s'il vous plaît, arrivez à grand pas,
A travers monts et vallons, comme au temps jadis,
Fermez nous les yeux, ouvrez nous le Paradis "
Souvenir d'enfant de choeur...
De : Jean OLIVIE de Marcillac.
Mon père ; Alfred Olivié, enfant de choeur à l'église d'Escandolières a commencé très jeune à servir la messe au point que le Curé était obligé de poser par terre, devant l'autel, un gros missel pour servir de marche pied. Il était très fier de pouvoir dire que pour son premier emploi, il était payé en or. (Le Curé d'Escandolières lui rémunérait annuellement ses services d'enfant de choeur avec un louis d'or.)
La dévotion...
De : Jean OLIVIE de Marcillac :
Mon Grand-père, Henri OLIVIE (1849-1914) était homme dévot et de grande foi. Un jour, on lui demandait comment était le Curé d'Escandolières de ce temps -là. Il répondit :" C'est un bien brave homme, il ne manque qu'un peu de dévotion."
Le guide de l'Aveyron de 1912 nous précise à propos d'Henri OLIVIE qu'il est cordonnier, aubergiste, affrenier et épicier.
L'école primaire et le catéchisme ...
De : Jules CARLES d'Escandolières, (archives familiales).
Chaque matin,après un bon petit déjeuner, où les châtaignes dominaient pendant tout l'hiver nous partions sur la route,les pieds bien au chaud dans des petits sabots taillés dans du bois de hêtre. On emportait le déjeuner dans un panier que nous déposions chez l'instituteur, au "Rossignol " : sa mère faisait chauffer le repas de ceux qui habitaient trop loin pour s'en retourner chez eux.
Chaque jour, sauf le jeudi et le dimanche, avec ma soeur ou mon frère à travers les châtaigneraies et les raccourcis, nous partions. Il fallait gagner un peu plus de 200 mètres d'altitude sur un parcours de 2 kilomètres et demi. Nous arrivions ainsi au chef lieu de la commune, Escandolières, un bien modeste chef-lieu.
Non loin de l'église paroissiale et la mairie dont l'école des garçons occupait l'étage, parmi 2 ou 3 modestes foyers se trouvaient une épicerie et une auberge qui ne travaillaient guère que le dimanche à la sortie des messes.
Tous les jours, sauf le jeudi, la classe commençait à 8 heures. Au coup de sifflet, nous nous mettions en rang "en droite alignement " disait l'instituteur et la revue commençait, celle des mains qui devaient être propres, sinon on allait se laver au robinet voisin.
C'était une bonne école primaire, avec un instituteur très attentif dont le premier rôle était de nous apprendre le français, la seule langue autorisée à l'école. Pendant la récréation, il arrivait parfois, montrant du doigt le coupable " Tu as parlé patois! Non Monsieur, non Monsieur "et l'on faisait des efforts linguistiques.
A 11 heures, nous partions tous vers l'église ou Monsieur le Curé nous attendait pour le catéchisme et nous retrouvions les filles.
Bien qu'elle existât la laïcité n'était pas agressive et respectait fort bien les frontières. Les salles de classe étaient assez grandes pour contenir une vingtaine de garçons de 5 à 12 ans. La discipline était assez efficace pour que travaillent dans la même salle deux groupes en train de faire leur devoir tandis que le troisième écoutait l'instituteur.
Le premier des groupes, le plus âgé 10 à 12 ans préparait le Certificat d'études. Ce "diplôme " est le premier de ma carrière et j'ai l'impression qu'aucun n'a été pour moi aussi glorieux. Je me souviens en particulier d'un voisin qui fanait dans le pré et auquel j'étais allé donner "un coup de main". Tout à coup, il s'arrête et s'appuyant sur la fourche plantée en terre, il me regarde et dit : " Tu as le Certificat d'études !!..."
Je ne répondis rien, mais je m'en souviens encore. Je crois avoir fait ce jour un péché d'orgueil.
Février 1930 :
Sources : Archives paroissiales.
Pour la visite de Mr l'Évêque : Mr Chailhol, en fin de mission, le chemin qui reliait la place de l'église à la route était en très mauvais état. Mr le Curé fit appel aux paroissiens. On apporta des pierres, du sable, et chacun fut invité à travailler. En quelques jours, le chemin fut convenable.
Le 23 avril 1942 ...
Sources : Archives paroissiales.
Le 23 avril 1942, après la Confirmation à Rignac, Mgr CHALLIOL évêque de Rodez rendit visite à La Capelle del Vern. La petite église avait été "artistiquement décorée" à l'intérieur et à l'extérieur par des guirlandes, des fleurs et tapis de mousse. Mr le Curé et tous les paroissiens de La Capelle l'accueillirent. Une fillette lui récita un fort joli compliment.
Les CARILLONS :
De : Paulette NOYE d'Escandolières.
Jusqu'aux années 2000, le son des carillons agrémentait les fêtes religieuses de Noël, Pâques, Assomption...Le soir après l'angélus, le carillonneur grimpait tout en haut du clocher pour exercer son talent. Avec les 3 cloches, une cordelette à chaque main et une troisième aux pieds avec un gros anneau, il devait donner de son mieux pour jouer quelques mélodies.
La période de l'Avent était un peu particulière. Treize jours avant la fête de Noël, débutait vers 20 heures une série de carillons qui allaient en progressant: 1 carillon le 12 décembre, 2 le 13 décembre et ainsi de suite jusqu'à douze le 23 décembre. Le 24 décembre, un seul carillon après l'angélus du soir. A partir du 6ème carillon, la série se terminait par une sonnerie à la volée. Cette période, était un moment de fête. Des amis, des voisins, venaient s'exercer à faire " Treilhon …«. Chacun y allait de son mieux, essayant, le temps d'un carillon, une dizaine de minutes, de produire une mélodie. La soirée se terminait au chaud, autour d'un gâteau et d'un vin chaud.
Réfection de l'église en 1937 :


Rénovation 1937 Rénovation 2005
Sources : Archives paroissiales.
Du 10 septembre au 1er novembre 1937, Mr le Curé Couffignal s'est employé seul à refaire l'intérieur de l'église.
Travail pénible et délicat, pour des mains malhabiles et inexpérimentées qui lui demanda deux mois d'efforts. Il dut même y sacrifier plusieurs nuits blanches. Grâce à son initiative, les échafaudages lui furent aimablement prêtés à titre gracieux, par la Société des Mines de la Vieille Montagne de Viviez.
Une bouteille sous la tribune...
Sources : Archives paroissiales.
Lors de la réfection de la tribune, à la demande des ouvriers fût placé dans une bouteille cachetée à la cire et cachée sous le parquet vers le clocher, un papier ou il est noté:
" En l'an 1938, le 9ème jour du mois d'août, l'abbé Couffignal Henri, curé de la paroisse à fait refaire le parquet et les gradins de la tribune de l'église d'Escandolières. Ce travail, a été exécuté par Mr Alfred Olivié menuisier à Marcillac et originaire d'Escandolières, aidé par son 1er ouvrier Adrien Mazars originaire de Bruejouls, lesquels, d'un commun accord pour copie conforme ont approuvé et signé les faits ci-dessus rapportés et livrés à la prospérité."
Le 25 août 1979 , lors de la réfection des marches du Maître Autel par Mr Marcel Vergnes , menuisier à Escandolières , un document mis dans une bouteille cachetée à la cire fut déposé sous le parquet qui relie les deux autels.
Automne 1963...
De : Jean-Pierre NOYE d'Escandolières:
Les enfants de choeur de cet été 1963 venaient d'avoir 13 ou 14 ans, la coutume consistait à céder sa place à de plus jeune. J'étais fier d'avoir été choisi avec 3 de mes camarades "classards" pour effectuer cette tâche. Fier de pouvoir bouger pendant les offices pour servir le curé, au lieu d'être assis très sage sur les bancs de devant, sous l'oeil vigilant des religieuses. Fier de pouvoir passer dans les familles de la paroisse pendant les vacances de Pâques "quêter les oeufs", faire le "coucounier"pour gagner quelques sous ou, tout simplement, fier de manquer quelques heures de classe pour assister aux obsèques, neuvaines ou anniversaires de défunts au cours de l'année
Cet après-midi de l'automne 63, après 3 jours de glas, arrivèrent les obsèques d'une personne d'un village proche de l'église. Comme à l'accoutumée, Mr le curé, vêtu de noir et les 4 enfants de choeur en aube blanche se rendirent au domicile de la défunte. Après avoir récité quelques prières, pour la "lébado" , la procession se mit en place .
Au fond, les dames, portaient un drap noir, le corbillard tracté par un cheval au centre, Mr le curé et 2 enfants de choeur, précédé par les hommes et, tout devant, 2 enfants de choeur portaient à tour de rôle, très haut, une lourde croix de procession. Tout au long du chemin qui nous menait à l'église, des parents, des amis, des voisins rejoignaient le cortège. J'étais ce jour là, en tête de procession portant la croix. Le vent du midi " l'aulto" avait fortement soufflé la semaine précédente et il s'en était suivi des pluies diluviennes qui avaient ramolli et creusé un peu plus des ornières déjà très profondes dans cette terre très argileuse. C'est la, qu'à moins de 50 mètres de la route départementale goudronnée, sans doute fatigué, et pas assez attentif sur l'état du chemin, le pied gauche glissa et il s'en suivit une série de mouvements peu artistiques qui me firent s'allonger de tout mon long dans une ornière pleine d'eau et de boue. La terre détrempée avait bien amorti le choc, heureusement il n'y eut rien de cassé. Mon camarade prit la croix et je vous laisse deviner l'état dans lequel j'étais ... l'aube blanche, venait de virer au marron !!! Je dus servir la messe dans cette tenue, il n'était pas question de se présenter en "civil" dans le choeur de l'église. Cet après-midi là, je dus alimenter plus d'une " messe basse" pendant l'enterrement.
La visite de l'Evêque...
De : Paulette NOYE d'Escandolières.
C'était au début du XX ème siècle, l'évêque de Rodez avait annoncé sa visite à Escandolières, Mr le curé et tous les paroissiens préparaient cette réception jusqu'au sonneur de cloches qui voulait donner de son mieux. Ne sachant comment recevoir :"Sa Grandeur", il demanda au curé comment fallait-il sonner ? La réponse fut brève mais éloquente : " Commo per la grêlo ..." (Comme pour la grêle.)
La visite de l'Evêque :
De: Claire BOUYSSOU de La Cau d'Escandolières.
Quand l'Evêque est venu à Escandolières, il est monté par la route de Huit Brandes. A Huit- Brandes, les femmes l'attendaient au bord de la route en récitant le chapelet. Quand l'Evêque, arriva, il dit : « Voyez ces braves femmes qui récitent le chapelet. »
A cette occasion, le curé Forestier avait fait faire beaucoup de roses pour décorer l'église à l'intérieur et à l'extérieur. Voyant cela, l'Evêque dit : « Je me crois à Lisieux … »
La dernière messe du Père Auréjac.
De: Revue Ensemble Septembre 1998.
Depuis 15 ans, le Père Auréjac acceptait la charge et le service de notre paroisse. Aujourd'hui à 84 ans, estimant cette mission trop lourde, il a décidé de se retirer. Ce dimanche 23 août, il concélébrait une dernière messe en notre Église avec le Père OLIVIER curé à Avignon, originaire de chez nous, par ses racines paternelles. Après la cérémonie, le comité paroissial proposait en signe de gratitude un vin d'honneur à la salle des fêtes.
A cette occasion les paroissiens s'associaient au témoignage de reconnaissance et de remerciements, exprimés par le comité paroissial. A cette occasion quelques souvenirs lui furent offerts: (bouquet de fleurs, sous-main avec accessoires.) Entouré du conseil municipal, monsieur le Maire à son tour exprimait au Père AURÉJAC ses compliments, soulignant la satisfaction qu'il avait eu de gérer durant 15 années la commune, en totale cohésion avec la paroisse. Il lui remettait un livre en souvenir de son passage à ESCANDOLIERES, il lui adressait avec un au revoir, ses voeux de bonne santé. Avec émotion le Père AUREJAC se confondait en remerciements; en quelques mots il exhortait l'assemblée à garder confiance malgré son départ dans le devenir de notre communauté paroissiale.
Les habitants de La Capelle del Vern avaient tenu à exprimer au Père AUREJAC, ce même sentiment de reconnaissance, en organisant à l'issu de la dernière messe mensuelle, célébrée dans leur église, une sympathique rencontre avec boissons, gâteaux et cadeaux.
A propos de Haute - Serre :
La chapelle de Haute - Serre ou ( Altaserre ) ( haute montagne ) existait vraisemblablement avant le 13 ème siècle puisque les archives de Rodez et de Villefranche rapportent qu'en 1250 , Mgr Vivian ( religieux franciscain) , alors évêque de Rodez céda au commandeur de St Jean d'Auzits les " bénéfices" d'Altaserre, de Rulhe et de Lugan , en échange des "bénéfices de Cabannes, prés de Morlhon , et de Biasc ( sans doute Veuzac). Cette chapelle a été bâtie sous le vocable de Ste Marie de Haute-Forêt.
La chapelle mesure 14 m x 6 m, surmontée d'un clocher modeste. Le choeur est la partie la plus ancienne. Le fond est occupé par un autel en bois avec retable placé en 1836. La Statue de l'Immaculée Conception repose sur le tabernacle. A l'extérieur, au-dessus de la porte d'entrée repose dans une niche, la statue miraculeuse de N-D de Hautes-Serre. Elle tient l'Enfant Jésus sur ses genoux, tandis que sa main droite porte le sceptre, symbole de puissance. La pose de l' Enfant Jésus est curieuse. Il met un doigt sur ses lèvres, tandis que de la main gauche, il caresse son pied. La statue est en pierre et mesure 1 mètre de haut. Une légende nous dit, qu'à la Révolution, on voulut la mettre en lieu sur. Les boeufs arrivés avec leur précieux fardeau à : la croix de fer (élevée à l'endroit où l'oeil cesse de voir le sanctuaire de Marie et apercevoir l'église d'Auzits,) refusèrent de traîner le char qui la portait et se retournèrent vers Haute-Serre.
On invoque la Vierge de Haute-Serre plus spécialement pour la guérison des maux de dents, le mal caduc (épilepsie) ou des infirmités qui empêchent les petits enfants de marcher. Les femmes font célébrer la sainte messe à son autel pour obtenir une heureuse délivrance. A l'occasion du pèlerinage, on passait au cimetière, pour prier sur la tombe d'un prêtre (on dit que c'était un jésuite) et hors de la présence du curé.
- Sources : Vieux pouillé du diocèse,-Livre de paroisse d'Auzits.
Le dernier enfant de choeur de La Capelle del Vern ...
De Joseph NOYÉ de La Capelle del Vern.
« J'étais le seul et dernier enfant de chœur du curé Nouviale (dernier curé de La capelle) Natif de Laguépie, il fut enterré au Vernet prés de Capdenac .Mutilé de guerre, il y avait perdu une jambe et marchait avec un pilon .De forte corpulence + de 120 kg, ce curé chantait très bien et très fort . On l'entendait de la Croix de La capelle, et les gens venaient de loin pour l'entendre. J'allais tous les jours servir la messe célébrée à 7h, le dimanche à 10h et les vêpres à 14h. Mr Cayrac était le sonneur de cloche. Après son départ pour Romette prés de Rieupeyroux, le curé Nouviale m'écrivait de venir le voir en vélo. »
Le vin de messe...
De : Gérard NOYE de La Fagette d'Escandolières.
C'était dans les années 60, lors d'un enterrement à l'autre bout de la commune d'Escandolières, un jour de grande chaleur. Arrivé à Escandolières , mort de soif, pendant que le curé s'occupait à organiser le cortège funèbre dans l'église ; après avoir déposé la croix de procession à la sacristie, j'en profitais pour me jeter sur la bouteille de vin blanc et en boire à toute vitesse : « un bon galétal » . Dans la fraîcheur de l'église, la messe se passa bien, mais le retour au soleil vers La Fagette fut autre. Arrivé au lieu dit : « L'alambic », je fis l'eau de vie" ... Le vin blanc remonta et je le rendis au ruisseau avec tripes et boyaux.
Depuis, je ne bois plus de vin blanc et je n'ai jamais rebu du vin de messe du curé.
La cantine des Sœurs …
De : Georges PLAINECASSAGNE des Laquets d'Escandolières.
A la cantine, les sœurs faisaient la soupe, mais chacun apportait son plat principal et le pain.
Les garçons et les filles mangeaient séparément.
Les garçons avaient une petite pièce, pas trop propre. Quand la soupe contenait des haricots verts, ceux-ci n'étaient pas toujours bien tendres et avaient des fils que nous projetions sur les murs. Il n'était pas rare de voir des cafards dans la petite « salle à manger. »
Dans les années 50-55, j'étais à l'école primaire et un jour, j'avais oublié de ramener du pain en réserve à la cantine tenue par deux religieuses âgées : (Soeur Joachim et Soeur Françoise).
J'ai tellement eu peur de la réprimande que je suis retourné à la maison sans manger. Arrivé dans les vignes de Laquets, à ce moment là j'ai eu grand peur de la réprimande de mes parents et suis revenu au couvent où j'ai été pardonné et ai pu prendre mon repas.
Le repas du conseil de fabrique et des chantres….
(Ou l'histoire du consommé de volaille…)
De : Lucienne CLÈDE de Cavecombe d'Auzits.
Cette anecdote, m'a été racontée par mes ancêtres et m'a beaucoup amusée.
A cette époque, le prêtre avait pour coutume d'inviter les chantres et les membres du conseil de fabrique à un repas convivial une fois par an.
Un jour, la bonne du curé avait préparé une poule farcie. Au moment de la découper, le prêtre s'aperçut quelle avait oublié de la vider et lui demanda de reprendre la volaille, mais les convives avaient déjà consommé le bouillon….
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